M.O.L ReportMonde

CHAPITRE 3 : SUR LA PISTE

#5 ASCENSION

Avant d’atteindre ces hauts plateaux d’Asie Centrale il y a une étape. Inévitable. Un véritable test. Une ascension à 3253 mètres d’altitude. Plus de 1500mètres de dénivelés positifs, sur une piste chaotique, avec un vélo qui pèse plus de 50kilos.
Depuis quelques jours, je m’y attends. Malgré son inébranlable positivisme, Fred le suisse rigole et me fait comprendre, à sa manière, que l’étape va être éprouvante.  Une porte de roche s’ouvre, la piste se perd dans un canyon et les montées se faufilent.  

Interminable. Les paysages se transforment tout au long de l’ascension. le mariage polygame de la roche, de la verdure et de la rivière prend précocement fin. Les lignes brutes du canyon s’effritent pour devenir plus lisses, plus grandes, plus lointaines. Malgré mes prévisions, l’ascension me paraît épique. Le vélo semble ne plus vouloir avancer. Comme si j’étais sur un radeau, je me pose la question : « Qu’est ce qui est vraiment utile ? Qu’est ce que je peux jeter pour être plus léger et ne pas « couler » ? ».
Les arrêts se font de plus en plus fréquents, je fixe le compteur et me donne de petits objectifs. Arrêt: tous les 300 mètres, les 200 mètres, 150 …
Lors d’un virage qui me paraissait être le dernier mais qui, en réalité, en cachait bien d’autres, je sors la tête du guidon, lève mon regard du compteur, je me retourne et là… 

l’IMMENSITÉ.

Ce n’est pas une simple piste que je grimpe, c’est au dessus de toute l’Asie Centrale que je me hisse. Tout y est. Dans ces vallées cuivrées aux reflets verts émeraudes se perdent des troupeaux de moutons. De véritables nuages bruns, mouvants à flanc de colline, dirigés par deux hommes, à cheval, comme des points noirs hystériques, incontrôlables, en équilibre sur ces pentes raides. Quelques tentes s’éparpillent sur ces grands espaces. Elles sont les habitations éphémères d’éleveurs prêt pour une transhumance annoncée par les vents frais.

Pendant l’ascension, le temps nous lance  quelques défis. En 10 km, le vent glaciale me flagelle le dos, la chaleur des hautes altitudes me déshydrate, la grêle semble vouloir me décourager…

Encore 100 mètres de dénivelé, une éternité…

Dans les derniers efforts, je cris, j’accélère et je souffle. Nous sommes à 3252,8 M.
Premier test réussi. on se revoit à 4600…

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