Monde

Chapitre 1 : Douteuse Aventure

Retour du libraire, une carte de l’Asie centrale, un livre de sylvain tesson, un été avec homère, un autre de Remy Oudghiri, Petit éloge de la fuite du monde. L’aventure commence. Elle débute toujours par la projection. Le corps reste figé, sédentaire et l’esprit s’envole, nomade. Les effluves des hauts plateaux du Pamir enivrent déjà mon imagination et les premières sensations apparaissent. Mes achats répondent à deux besoins. La carte pour baliser l’évasion et la littérature pour la rendre illimitée. La lecture m’emporte au delà des limites spatiales et transforme le simple mouvement en odyssée. Elle ouvre les portes du doute. Pas celui qui fait hésiter mais celui qui questionne.
On me demande souvent, « Qu’est ce que tu cherches à te prouver ? ». 
En aucun cas mes départs sont animés par une quête, par la recherche de réponses, par le désir de savoir. Plus les kilomètres s’accumulent, plus les rencontres s’entassent, moins une vérité s ‘en dégage. Ce que nous apprennent les chemins du monde, c’est que la ligne droite n’existe pas. A force de découvrir, les couleurs binaires s’estompent et notre regard s’attache aux teintes, aux nuances. Le mouvement emporte avec lui les certitudes et il creuse en nous jusqu’à la source de la Raison pour nous sortir de la caverne. Plus on bouge, plus on s’agite autour du monde, plus on doute.
Il n’y a point d’esprit raisonné, s’il n’y a de doute; Je pourrais même dire, il n’y a point d’esprit sans doute. Douter, c’est faire jaillir en soi des interrogations, énergies d’une difficile recherche de réponse. Dans une formule presque mathématique,on pourrait dire que du doute émerge l’interrogation, cette dernière provoque la recherche qui nous propulse vers l’autre et de la connaissance de l’autre on se re-découvre soi.

L’aventure, la fuite, le mouvement sont pour certains les seuls miroirs existant. Parce que, comme certains, c’est ailleurs, sur des terres hostiles, que je me sens vivre, respirer, ressentir… Mais contrairement à d’autres qui se suffisent du miroir, lorsque je cours le monde, ce n’est pas un simple reflet que je vois, c’est mon existence toute entière que je ressens.

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4 commentaires

  1. Excellente écriture, tout à fait d accord avec ton propos je lirais d autres textes avec grand plaisir je te souhaite bonne chance pour ton projet je voyagerais avec toi ……..grâce aux images 😉

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