Monde

JE NE VEUX PLUS VOYAGER

         Le voyage ne m’attire plus. Je m’en méfie. Il est devenu pour moi un enclos devant lequel on observe, l’oeil drapé d’un filtre prédéfini, le corps fixé à des conditions, l’âme imbibée d’avis. Je veux redevenir ivre dans l’inconnu. Déambuler, à travers routes, villes, pays, sans repère et être pris de vertiges devant l’inexploré.
Partir loin pour ne faire qu’une balade sans risque et reposante m’effraie, seules les exodes m’enivrent. Mais le voyage n’est pas quelque chose d’innée, c’est un travail sur soi, une étude de l’autre. C’est acquérir, par l’expérience, un regard nu que l’on ne porte pas mais que l’on livre. Ce n’est pas à nous, êtres en mouvements, de peindre, aux couleurs de notre imagination l’endroit que nous visitons, c’est à ceux qui sur place vivent, chantent, souffrent et pleurent, de nous dessiner les contours de leurs cultures. Et lorsque que le tableau n’est pas celui que l’on a tant fantasmé alors acceptons le, sans comparer, sans dénigrer, sans condamner. 

Je ne veux plus voyager au rythme du tourisme, accumuler les excursions encadrées par les professionnels, cocher des cases sur une liste des 10 choses à faire dans un pays, s’enliser sur les plages de sable blanc. Perdre tout ce que les départs offrent, une liberté. Je ne m’en vais plus en voyage, je pars en découverte.

Non plus voyager mais découvrir, ne plus limiter l’expérience à l’écume mais fouiller jusqu’à l’abime, s’il le faut, une population, un pays, une culture. Les peuples par le voyage, on les comparent, par la découverte on les comprend. Le monde par le voyage, on l’effleure, par la découverte on l’empoigne.

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